Gustave

Voici une pièce qui joint l’utile à l’agréable: Gustave, un spectacle d’Arnaud Bedouet au théâtre de l’Atelier.

Jacques Weber y incarne un Flaubert privé, loin de la statue institutionnelle que l’école lui a dressé. Un Flaubert colérique, instinctif, fulgurant, mais surtout solitaire. Car c’est dans la solitude de sa correspondance que l’on rencontre l’homme, l’être humain en proie aux affres de la création, de sa passion compliquée avec Louise Colet, de ses envolées contre la médiocrité bourgeoise de son époque. Et bizarrement l’épistolier de Croisset sonne à nos oreilles comme terriblement contemporain, car quand il nous parle de son exigence intransigeante au travail, c’est en creux tout un monde d’idées reçues qu’il peint.

Nul doute que les réseaux sociaux et leurs bavardages incessants auraient constitué une source d’inspiration intarissable pour Gustave s’il avait vécu aujourd’hui…

Aux futurs Terminales L qui sont en vacances à Paris cet été, allez découvrir le Gustave privé au théâtre de l’Atelier, jusqu’au 15 août 2015!

http://www.theatre-atelier.com/spectacle-gustave-108.htm

 

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Partenariat Théâtre Gérard Philipe/ France Culture: SAISON 2!

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Cette année, je reconduis mon partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et Joëlle Gayot de France Culture.

Avec mes deux collègues profs, nous nous sommes livrés à l’exercice tellement amusant du “casting” . Oui, nous avons une fois de plus cédé au lexique télévisuel pour donner un peu plus de glamour à l’opération… Mais ça n’était pas utile, tant les élèves se sont massés devant notre porte pour se faire “auditionner”. Nous avons même dû les faire passer en groupe. Ils avaient vu la vidéo réalisée par les documentaristes l’an passé, et avaient eu des échos enthousiastes de leurs prédécesseurs: ils savaient qu’ils venaient pour découvrir le théâtre, assister à beaucoup de représentations, travailler avec une journaliste très reconnue, rencontrer des professionnels de la culture, et manifestement, ça les a enthousiasmés…

Nous avons dû retenir les 15 élus, issus de trois classes de Premières ES. Deux facteurs sont notables: premièrement, la maturation du projet en lui-même (puisque c’est la deuxième année consécutive qu’il existe) a fait que nous avons entendu des élèves déjà plus mûrs. Ils savaient pourquoi ils étaient là, ils avaient envie de culture, envie de se faire bousculer dans leurs idées reçues, bref, ils étaient préparés. Pression pour nous les profs: ce sont des élèves qui ont faim et qu’il va falloir nourrir… Pas le droit aux hésitations et aux tâtonnements de l’an passé! Cette année ils sont là pour prendre tout ce qu’ils peuvent prendre. Ils ne viennent pas au hasard, par simple curiosité, on n’aura pas à vaincre des résistances quelconques. Deuxièmement, l’expérience nous a conduits, nous, les enseignants, à affiner nos critères de sélection: il nous a été très difficile de refuser d’excellents élèves, au parcours remarquable. Mais ce n’est pas le profil que nous recherchions… On a aussi refusé des élèves qui venaient essentiellement “pour s’amuser”. On s’amuse, dans cet atelier hebdomadaire, bien sûr… et ces élèves-là avaient de très belles personnalités. Non, nous ne voulions ni de bons élèves, ni de joyeux drilles. Nous voulions des élèves dont nous sentions qu’ils étaient aptes à construire quelque chose sur une période longue. Ça veut dire des élèves créatifs, persévérants, pas forcément “bons” en termes de résultats scolaires, mais disposés à bouger leurs idées reçues tout en étant force de proposition sur le fond. N’oublions pas qu’ils se produiront deux fois sur scène, dans un spectacle qu’ils construiront et écriront entièrement… Comment évaluer cela en quelques minutes?  Impossible… Il faut se fier à l’intuition. Et à l’aide des élèves de l’ancien atelier, qui connaissent leurs camarades. Ces derniers ont vraiment joué le jeu, ils n’ont pas favorisé leurs copains, ils ont vraiment fourni des arguments pertinents pour soutenir tel ou tel candidat, émis des doutes légitimes sur d’autres discours tenus par leurs camarades plus jeunes d’un an seulement. Nous avons pleinement pris en considération leurs remarques, et leur avons été reconnaissantes de leur investissement (il sont venus sur leurs heures de permanence, par souci de voir la qualité de l’atelier précédent reconduite…)

Autre fait notable: le fonctionnement original de cet atelier attise des curiosités. Deux documentaristes suivent les élèves toutes les semaines, lors de l’atelier, de leurs sorties au théâtre, ils témoignent de l’évolution de leurs représentations au fi de l’année. et une étudiante en Arts du spectacle s’est aussi manifestée pour faire son mémoire sur ce projet…

L’atelier suit maintenant son cours depuis 2 mois, et la découverte progressive de l’univers théâtral est à découvrir sur la page Facebook de l’atelier. Avec des naïvetés touchantes, mais aussi des fulgurances imprévisibles!