Partenariat Théâtre Gérard Philipe/ France Culture: SAISON 2!

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Cette année, je reconduis mon partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et Joëlle Gayot de France Culture.

Avec mes deux collègues profs, nous nous sommes livrés à l’exercice tellement amusant du “casting” . Oui, nous avons une fois de plus cédé au lexique télévisuel pour donner un peu plus de glamour à l’opération… Mais ça n’était pas utile, tant les élèves se sont massés devant notre porte pour se faire “auditionner”. Nous avons même dû les faire passer en groupe. Ils avaient vu la vidéo réalisée par les documentaristes l’an passé, et avaient eu des échos enthousiastes de leurs prédécesseurs: ils savaient qu’ils venaient pour découvrir le théâtre, assister à beaucoup de représentations, travailler avec une journaliste très reconnue, rencontrer des professionnels de la culture, et manifestement, ça les a enthousiasmés…

Nous avons dû retenir les 15 élus, issus de trois classes de Premières ES. Deux facteurs sont notables: premièrement, la maturation du projet en lui-même (puisque c’est la deuxième année consécutive qu’il existe) a fait que nous avons entendu des élèves déjà plus mûrs. Ils savaient pourquoi ils étaient là, ils avaient envie de culture, envie de se faire bousculer dans leurs idées reçues, bref, ils étaient préparés. Pression pour nous les profs: ce sont des élèves qui ont faim et qu’il va falloir nourrir… Pas le droit aux hésitations et aux tâtonnements de l’an passé! Cette année ils sont là pour prendre tout ce qu’ils peuvent prendre. Ils ne viennent pas au hasard, par simple curiosité, on n’aura pas à vaincre des résistances quelconques. Deuxièmement, l’expérience nous a conduits, nous, les enseignants, à affiner nos critères de sélection: il nous a été très difficile de refuser d’excellents élèves, au parcours remarquable. Mais ce n’est pas le profil que nous recherchions… On a aussi refusé des élèves qui venaient essentiellement “pour s’amuser”. On s’amuse, dans cet atelier hebdomadaire, bien sûr… et ces élèves-là avaient de très belles personnalités. Non, nous ne voulions ni de bons élèves, ni de joyeux drilles. Nous voulions des élèves dont nous sentions qu’ils étaient aptes à construire quelque chose sur une période longue. Ça veut dire des élèves créatifs, persévérants, pas forcément “bons” en termes de résultats scolaires, mais disposés à bouger leurs idées reçues tout en étant force de proposition sur le fond. N’oublions pas qu’ils se produiront deux fois sur scène, dans un spectacle qu’ils construiront et écriront entièrement… Comment évaluer cela en quelques minutes?  Impossible… Il faut se fier à l’intuition. Et à l’aide des élèves de l’ancien atelier, qui connaissent leurs camarades. Ces derniers ont vraiment joué le jeu, ils n’ont pas favorisé leurs copains, ils ont vraiment fourni des arguments pertinents pour soutenir tel ou tel candidat, émis des doutes légitimes sur d’autres discours tenus par leurs camarades plus jeunes d’un an seulement. Nous avons pleinement pris en considération leurs remarques, et leur avons été reconnaissantes de leur investissement (il sont venus sur leurs heures de permanence, par souci de voir la qualité de l’atelier précédent reconduite…)

Autre fait notable: le fonctionnement original de cet atelier attise des curiosités. Deux documentaristes suivent les élèves toutes les semaines, lors de l’atelier, de leurs sorties au théâtre, ils témoignent de l’évolution de leurs représentations au fi de l’année. et une étudiante en Arts du spectacle s’est aussi manifestée pour faire son mémoire sur ce projet…

L’atelier suit maintenant son cours depuis 2 mois, et la découverte progressive de l’univers théâtral est à découvrir sur la page Facebook de l’atelier. Avec des naïvetés touchantes, mais aussi des fulgurances imprévisibles!

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L’atelier reportage “Une saison au théâtre”, Sarcelles

Les élèves du lycée Jean-Jacques Rousseau, à Sarcelles, se sont engagés dans un projet de longue haleine et passionnant: ils deviennent pour une année journalistes, et rendent compte de la saison théâtrale du Théâtre Gérard Philipe, de Saint-Denis.

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Un projet à deux vitesses:

Les trois classes de Première ES du lycée participent à ce parcours annuel, en allant voir trois pièces. Ils ont déjà assisté à une représentation remarquable, Les Serments indiscrets, mis en scène par Christophe Rauck.

Sur chacune de ces trois classes, cinq élèves ont été recrutés, en tant qu’ambassadeurs privilégiés. Ils forment un groupe de quinze élèves qui se retrouvent tous les mardis, deux heures, sous la supervisions de Joëlle Gayot, journaliste France Culture (Changement de décor, La Disupte). Ces quinze jeunes journalistes rédigent des critiques, mais aussi des compte-rendus sur les nombreux intervenants qui viennent leur expliquer leur métier, leur vision du théâtre.

Tous les aspects du théâtre:

L’idée est d’offrir aux élèves une vision large de ce que peut être le monde du théâtre. Jusqu’à présent, ils ont rencontré Christophe Rauck, metteur en scène des Serments indiscrets, mais aussi directeur du TGP. Ils ont eu la chance d’assister à une répétition de la pièce, moment intime de travail entre les comédiens, les techniciens et le metteur en scène, qui leur a permis de prendre conscience de l’importance du travail en amont, souterrain en quelque sorte. D’autres personnes sont venues leur rendre visite, comme Pierre-François Garel, un des acteurs des Serments, Leslie Six, dramaturge sur le spectacle, ou encore les deux responsables de la communication du théâtre (interne et externe), qui ont abordé des questions concrètes, comme la mise en place des stratégies d’information en direction du public. En tant qu’élèves de Première ES, ils ont été sensibles à cette découverte du fonctionnement économique du monde de la culture!

D’autres surprise, d’autres découvertes les attendent….

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Où on en est:

Pour le moment, je suis très euphorique sur la tournure que prend ce projet. Premièrement, il implique de très nombreux partenaires et tout le monde est très impliqué. La DRAC (Ministère de la Culture) finance la résidence d’artistes, c’est à elle que l’on doit le budget qui permet de financer toutes ces rencontres. La DAAC participe aussi, et supervise la mise en oeuvre pédagogique. L’établissement s’implique aussi, puisque le conseil d’administration a décidé de prendre en charge le prix des représentations, ce qui revient à la gratuité pour les élèves. Le TGP s’occupe de planifier toutes les interventions des professionnels du théâtre. Quant à mes deux collègues, A. et A., les profs de lettres qui ont en charges deux des classes, elles sont pleines d’initiatives pédagogiques, et permettent à leurs élèves de réinvestir leurs découvertes dans leurs TPE ou en cours de SES.

Deuxièmement, je suis particulièrement contente de ce fonctionnement à deux vitesses, qui a permis  de vaincre les inévitables résistances de la part des élèves récalcitrants. En effet, tous les profs qui se sont lancés dans des projets de cet ordre ont été confrontés à certains élèves qui trainent la patte, sont passifs, et ne saisissent pas immédiatement la chance que peut constituer la rencontre avec des artistes, des professionnels issus d’un monde qui ne leur est pas familier. Ici, les “ambassadeurs” ont été choisis suite à un entretien. Ce n’est pas leur niveau scolaire, ou leur connaissance du théâtre, qui leur a permis d’être recrutés, bien sûr… C’est plutôt leur curiosité, leur dynamisme, ou encore leurs talents parascolaires (dessin, photo, écriture personnelle…) Du coup, ils sont extrêmement enthousiastes et mobilisés, conscients que les autres n’ont pas la même chance qu’eux. Et quand ils reviennent vers leurs camarades (qui suivent de leur côté le parcours classique des trois spectacles), ils leur communiquent leurs découvertes, leur envie d’en voir plus.

Bref, c’est chouette!

Un petit lien pour voir leurs productions: http://blog.crdp-versailles.fr/atelierreportage/index.php/