Du (nouveau) savoir-vivre épistolaire

Hier, j’ai envoyé une lettre. Par la poste.

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J’ai eu l’impression de faire un truc presque aussi anachronique qu’allumer un feu à la pierre à silex pour cuire mon steak. D’un autre côté, c’était chouette, j’aimerais bien le refaire… Bon, pas de panique, je suis trop jeune pour tomber dans de la nostalgie façon “c’était mieux avant”, “le bon vieux temps où on donnait du temps au temps” et tout…

Tout ça pour dire que l’épistolaire revient à la mode, mais dans sa version 2.0, il comporte quelques subtilités et nuances qui, si elles sont mal maîtrisées, peuvent valoir de fâcheux malentendus. Évitons de nous fâcher, faisons preuve de savoir-vivre…

Avec les élèves: Leur demander de trouver un autre pseudo que “princessechocolat” ou “bogoss_du_95”, un par exemple (soyons fous!) qui comporte leur nom et leur prénom… Éviter les “lol”, “mdr” et autre “tmtc” (celui-là, je l’aime beaucoup…), un petit “madame” au début, un petit “cordialement” à la fin, enfin franchement, ils ne sont pas susceptibles alors profitons-en, parce que ce n’est pas toujours le cas des interlocuteurs professionnels!

Là, différents travers.

Le paranoïaque: c’est celui qui abuse du champ Cci, et vous vous retrouvez avec un message dont vous savez qu’il a été envoyé à un certain nombre d”undisclosed recipients”, impression désagréable… Sauf en cas de risque d’espionnage industriel ou de retour de la guerre froide, je ne vois pas trop le but recherché.

Au contraire, on a le “reply to all” compulsif. Là, c’est une suite encombrante de “ok”, “super”, “bien reçu” qui s’empilent dans votre boîte alors que vous vous en fichez royalement. Au début ça agace, après ça énerve pour de bon, et au bout d’un certain nombre (qui peut varier selon le seuil de tolérance de chacun et/ou le degré de pourrissement de sa boîte mail) de messages ineptes, sans intérêt, ou monosyllabiques, on peut arriver au troisième cas de figure.

Le règlement de compte multidestinataire. Là, le handicapé de la répartie trouve son agora, il peaufine ses répliques, surmonte son trac car l’auditoire est loin derrière l’écran, et ça peut donner quelques moments jouissifs pour les amateurs de jeux du cirque verbaux (ok, je plaide coupable, j’aime bien…)

Il semblerait aussi que certaines sensibilités hiérarchiques puissent être heurtées par l’ordre d’apparence des destinataires. Attention à ne vexer personne, respectons les prérogatives, et s’il y a un doute, y a qu’à reprendre la solution du paranoïaque! De même, celui qui se retrouve en copie conforme peut être chiffonné de n’être considéré que comme un interlocuteur secondaire. Oui, la vie sur le web est aussi compliquée que la vraie vie…

Autre facétieux de l’e-mail, celui qui vous laisse la surprise du contenu, en ne mentionnant aucun objet… Je ne parle même pas de celui qui double son envoi, en intitulant son nouveau message “avec la pièce jointe, c’est mieux!” Mais comme cette blague est drôle et surtout inédite…

Pour l’anecdote, (mais il faut bien que quelqu’un le dise):

Y a des polices à bannir, franchement, utilisez les polices de base, y a pas de graphologie pour les textes tapés, vous ne montrez pas votre vraie personnalité en écrivant bizarrement, vous fatiguez juste les yeux de votre lecteur…

La prochaine fois, je parlerai de la Doodle-mania, qui comporte également un fort risque d’overdose…

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