l’école et la discipline, le maître et le fouet

Je suis tombée aujourd’hui sur un article évoquant la dégradation alarmante en France de la discipline en classe parmi les pays de l’OCDE. Cet article m’a mise mal à l’aise, jusqu’à ce que j’identifie que c’était le mot-même de “discipline” qui m’embêtait. Cette notion ne serai-elle pas archaïque?

L’idée de “discipline” me pose problème en effet. Ce que l’on attend des élèves est à renommer de toute urgence car le mot est à bien comprendre. Pour préciser ce qu’il recouvre, je suis allée voir le Larousse en ligne. Voici la définition que j’ai trouvée (je surligne):

  • Branche de la connaissance pouvant donner matière à un enseignement ; matière : Les disciplines littéraires.
  • Ensemble de lois, d’obligations qui régissent une collectivité et destinées à y faire régner l’ordre ; règlement : Se plier à la discipline.
  • Aptitude de quelqu’un à obéir à ces règles : Élèves qui n’ont aucune discipline.
  • Obéissance, soumission aux règles que s’est données le groupe auquel on appartient : Il fait grève par discipline syndicale.
  • Règle de conduite que l’on s’impose, maîtrise de soi, sens du devoir : Il s’astreint à une discipline alimentaire très stricte.
  • Sorte de fouet utilisé pour se flageller dans un but de mortification et de pénitence.
La proximité des notions de “connaissance”, d’ascèse et de “mortification” sont choquantes en apparence, et on doit les mettre en lien avec l’idée de règle monastique d’où vient le mot “discipline”. On sent que cette notion a développé ses diverses orientations sémantiques à partir de ce modèle monastique médiéval. Ce modèle, supposant l’acquisition d’une érudition quantitative, la mortification des corps, l’obéissance à la règle de l’ordre monastique, est-il encore d’actualité? Un bon citoyen doit-il se conformer à cet idéal-là de nos jours?
Je suis donc allé voir, par curiosité et par honnêteté intellectuelle, quels étaient les pays de l’OCDE ayant un fort score en matière de “discipline” d’après l’enquête PISA: on y trouve le Japon et la Corée, les pays asiatiques étant globalement assez bien représentés. Comme je souhaite découvrir quel est le secret de ces pays qui réussissent là où nous flirtons avec la dernière place revenant à la Tunisie, je découvre que le Japon a produit une loi en 2013, visant à clarifier la distinction entre discipline et châtiments corporels. La Corée quant à elle a interdit en 2011 les châtiments corporels sur les élèves, laissant les enseignants “désemparés” apparemment… Évidemment je fais un raccourci entre le fantasme d’une salle de classe où de petits soldats reconnaissants ingurgitent benoîtement le cours magistral de leur enseignant et ces interdictions récentes des châtiments corporels dans des pays où la notion de “discipline” semble encore résister. Néanmoins il est difficile de voir de lien entre ces deux notions.
L’épanouissement individuel, l’exercice de l’esprit critique et l’insertion de l’individu dans le collectif ne sont-ils pas plutôt aujourd’hui des éléments qui construisent le futur citoyen, en lien avec le système démocratique dans lequel nous évoluons, et qui, lui, suppose un exercice régulier de la parole et du débat? Comment favoriser l’apprentissage du débat contradictoire, de l’écoute de l’autre, si le silence reste la référence?

Plutôt que ce fantasme de restauration d’un âge d’or imaginaire où la discipline aurait existé à l’école, comment penser la mise en oeuvre dans l’école d’espaces de mise en débat et d’apprentissage de la démocratie?

N’interdisons pas les bavardages: créons des espaces de débat. Apprenons aux élèves à s’écouter, à s’entraider, à décider entre eux d’un consensus dans l’intérêt général: c’est un modèle qui me plaît davantage pour la société de demain que le silence soumis, la performance individuelle au détriment des autres, la pénitence pour ceux qui ne parviennent pas à conserver une posture parfaitement immobile et silencieuse sur une chaise 8 heures par jour.
 
Mise à jour le 3 avril

Fictions radiophoniques en classe 1/2 ECOUTER

Mon récent passage à la Maison de la Radio en tant que professeur relais l’an dernier m’a permis de découvrir en profondeur l’univers des fictions radiophoniques. C’est une forme d’accès aux récits et aux fictions qui est totalement séduisante: j’en écoute régulièrement dans les transports en commun, là où j’ai généralement du mal à fixer mon attention sur des livres papier. Ce ne sont pas des livres lus, comme on peut en trouver par ailleurs dans le commerce, mais bien des fictions, réécrites expressément pour la radio: les comédiens (souvent de la Comédie Française) ne lisent pas leur rôle mais le jouent, des bruiteurs posent le décor très concrètement, les musiciens de la Maison de la Radio jouent des musiques composées spécialement pour l’oeuvre… Cela fait de ces fictions des oeuvres pluridisciplinaires qui se prêtent à bien des études en classe. C’est ce que je veux essayer de montrer ici, dans ce premier billet 1/2 consacré à l’ÉCOUTE des fictions radiophoniques. Comment utiliser en classe ces productions ambitieuses, fortes et uniques dans le paysage audiovisuel?

Par la suite, un deuxième billet 2/2 envisagera la RÉALISATION d’une fiction radiophonique en classe.

Quelles fictions écouter?

Je vous livre ici un éventail totalement partiel et partial des quelques oeuvres que j’ai eu le bonheur d’écouter et d’apprécier.

Les classiques

Petites Misères de la vie conjugale, de Balzac, en 10 épisodes. Une mise en voix très drôle de l’essai de Balzac par les comédiens du Français.Indication en lien avec les programmes: niveau Première, l’argumentation.

Les Sept contre Thèbes, Les Perses et Les Suppliantes, d’Eschyle. Le texte français et adaptation sont d’Olivier Py, il y défend une volonté de rendre accessible ces textes fondamentaux à des non héllénistes. Indication en lien avec les programmes: évidemment exploitable en LCA, mais aussi en seconde, lorsque l’on aborde la tragédie et ses origines antiques.

Les récits d’aventure

Une Aventure de Huckleberry Finn, de Mark Twain. Un récit d’aventure plein de rebondissements que l’on pourra travailler profitablement avec un prof d’anglais pour situer des notions comme l’esclavage et la guerre de Sécession, et avec un prof de musique pour aborder la musique américaine et le blues. Pourquoi pas construire un EPI à partir de ce matériau au collège?

Au Coeur des ténèbres, de Joseph Conrad, l’équipée hallucinée du précurseur de Willard dans Apocalypse Now, à la recherche de Kurtz. Complètement envoûtant…Indication en lien avec les programmes: le Voyage et l’aventure en 5°. Pourquoi aller vers l’inconnu?

Vingt Mille Lieues sous les mers, de Jules Verne.Indication en lien avec les programmes: le Voyage et l’aventure en 5°. Pourquoi aller vers l’inconnu?

Les fantastiques

Dracula, de Bram Stocker

La Chose sur le seuil, de H. P. Lovecraft. Si vous voulez ne plus jamais pouvoir dormir… Totalement effrayant, dans la nouvelle traduction qu’en a proposé François Bon, et que l’on peut retrouver sur son site Le Tiers Livre. Indication en lien avec les programmes: la fiction pour interroger le réel en 4°.

Chuchotements dans la nuit, de H. P. Lovecraft, traduction et adaptation de François Bon.

La Couleur tombée du ciel, de H. P. Lovecraft

Les feuilletons en plusieurs épisodes

Pars Vite et Reviens Tard, de Fred Vargas, en 10 épisodes. Moins fan des polars habituellement, j’avoue m’être ici laissé prendre par la dynamique feuilletonesque de cette adaptation, pleine de rebondissements haletants.

La Vérité sur l’affaire Harry Québert, de Joël Dicker, en 10 épisodes. Exactement comme Pars vite et reviens tard… Indication en lien avec les programmes: prix Goncourt des lycéens en 2012, cette oeuvre peut faire l’objet d’une lecture cursive et d’une étude en tant qu’oeuvre intégrale comme roman contemporain.

Millenium 1- Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, de Stieg Larrson, en 15 épisodes

Enfants

Les Aventures de Tintin, d’Hergé, en 5 épisodes

Alice et Merveilles, de Stéphane Michaka, d’après Lewis Carroll

Il y a beaucoup d’autres titres, tous aussi remarquables les uns que les autres. Et encore je ne parle pas des fictions plus anciennes des années 60 qui sont accessibles! Le seul reproche que l’on pourra faire au site de France Culture est une indexation uniquement chronologique des différentes fictions, qui rend la recherche des plus anciennes fastidieuse et hasardeuse…

Comment les écouter avec les élèves?

Ici, tout est question de moyens dont on dispose… Tout est possible: de l’écoute en classe (individuelle sur un ordinateur ou collective avec des enceintes) à l’écoute à la maison (on met le lien de la fiction sur l’ENT et le tour est joué), en passant par toutes les déclinaisons envisageables avec le smartphone personnel de l’élève. On peut très bien imaginer un fonctionnement différencié dans la classe, où certains élèves écouteraient leur fiction, tandis que d’autres travailleraient autrement.

Qu’écouter?

Là encore, de nombreux dispositifs sont envisageables pour faire prendre conscience aux élèves de la structuration de la fiction (place du titre, générique), des différents comédiens et de leur façon d’incarner la singularité de leur personnage en l’absence de tout repère visuel (timbre de la voix, parler particulier…), de la place de la musique (en interlude pour chapitrer la narration, ou en “tapis”, pour contribuer, sous les voix des acteurs, à installer l’atmosphère), du rôle des bruitages…

Écouter une fiction radiophonique, est-ce lire?

Évidemment la notion de lecture est bien différente de ce que l’on attend spontanément en tant qu’enseignant en général… Et pourtant, cette façon d’être en contact avec la fiction est-elle moins valable qu’une lecture visuelle et silencieuse? Ne suscite-t-elle pas l’adhésion à certaines valeurs portées par le récit, rejet de certains personnages, discussions autour d’hypothèses de lecture et d’interprétations que les élèves souhaitent confronter? Cette lecture-écoute peut surprendre et provoquer des réactions inattendues, comme un contact authentique et une véritable expérience de lecture chez les élèves habituellement faibles lecteurs, ou bien une expérience plus spontanée chez les élèves réputés scolaires, qui ne s’autorisent guère le laisser-aller plaisant de la lecture-loisir dans le cadre des lectures scolaires.

En tout état de cause on voit bien que la grande variété de programmation que l’on retrouve sur le site rend la mise en relation avec les programmes scolaires très aisée…

Il me semble pour ma part que la remarquable qualité des Fictions radiophoniques portées par France Culture a en tout cas sa place en classe, et je suis avide d’entendre des récits d’expérience de collègues qui se seraient lancés dans l’aventure avant moi

 

 

De la lecture à l’écriture numérique

Article publié sur La Page des Lettres, interview sur Le Café Pédagogique.

Les étapes précédentes du projet ici et ici.

Constat de départ :

Les pratiques de lecture et d’écriture évoluent avec le numérique. Il est intéressant de se demander dans quelle mesure cet outil favorise l’appropriation des savoirs par les élèves, mais également en quoi il est un objet d’étude en soi. C’est pourquoi nous avons décidé de faire lire une œuvre numérique à nos élèves, et de leur en faire créer une à leur tour, en utilisant la tablette comme outil de lecture et d’écriture.

Le projet a été conduit au sein de deux classes de Seconde, comme perspective à l’étude du roman et de la nouvelle au XIX° siècle. Les Instructions Officielles préconisent en effet d’offrir aux élèves une ouverture sur l’évolution du genre romanesque, ce que l’oeuvre contemporaine abordée au cours de ce projet permet. On notera que la plupart des élèves étaient peu enclins à la lecture habituellement. C’est pourquoi les enseignantes ont décidé de mener cette expérience, en pariant sur l’attractivité de la lecture sur tablettes. Les enseignantes se sont appuyées sur l’opération #100bibs50epubs lancée par François Bon, qui a ouvert une partie du fonds de sa maison d’édition Publie.net à des institutions publiques (bibliothèques, établissements scolaires…), afin de promouvoir la littérature numérique et de populariser la lecture sur tablettes.

Objectifs

1 Découvrir la littérature numérique : de l’histoire du livre à l’œuvre de Juliette Mézenc, Sujets sensibles

Le premier temps a consisté à réfléchir à l’évolution du livre, du papier au numérique, grâce à l’exposition numérique de la BNF l’aventure du livre. Afin qu’ils s’approprient cette histoire du livre, on a demandé aux élèves d’explorer le site et de créer un questionnaire à destination de leurs camarades ; ils ont alors pu s’interroger mutuellement sur leurs découvertes. Le second temps s’est construit autour de l’œuvre de Juliette Mézenc :  Sujets sensibles. Les élèves ont été invités à lire le livre numérique sur tablettes, en classe et à la maison. Dans ce texte, l’auteur s’inspire de son expérience d’enseignante dans un lycée dit « sensible », et recueille par bribes le témoignage de 10 élèves, qu’elle émaille de réflexions personnelles, insérées en italiques, sans autre signalement du changement de système d’énonciation. Elle enrichit son œuvre d’hyperliens ou de copier-coller d’articles faisant écho au témoignage qu’elle retranscrit. Le contrepoint de voix, ainsi que l’enrichissement hypertextuel rendent le texte polyphonique, ce qui constitue l’originalité mais aussi la complexité de l’oeuvre Sujets sensibles

2 Rencontrer un auteur : l’écrivain est dans la classe

Les élèves ont rencontré deux fois l’auteur grâce à un partenariat mis en place avec la Maison des écrivains. Cela a été un moment fort et fédérateur. Il a consisté en une discussion libre au cours de laquelle le système d’énonciation particulier de l’œuvre de Juliette Mézenc a été éclairé : l’auteur a expliqué comment la retranscription des témoignages de ses élèves lui avait inspiré des réflexions personnelles, qu’elle avait choisi d’insérer en italiques.

On a demandé aux élèves de ne prendre en note que ce qu’ils souhaitaient retenir de la rencontre avec l’écrivain. Ils ont ensuite été invités à construire un compte-rendu collectif sur Etherpad (logiciel d’écriture collaborative) mettant ainsi en commun les différents aspects de la rencontre. Ils ont ainsi pu compléter leur prise de note partielle au départ grâce à ce travail collectif.

3 Créer une œuvre numérique :

La tâche finale demandée aux élèves était de réaliser un livre numérique. En réutilisant la technique de travail de Juliette Mézenc, les élèves ont écrit des textes qu’ils ont ensuite mis en forme sous l’application iBooks author, ou Calameo, ce qui les a amenés à s’interroger sur la valeur ajoutée que le numérique apportait à leur texte.

  • La consigne d’écriture : A l’issue de la première rencontre, Juliette leur a demandé de collecter le témoignage d’une personne de leur choix, tout en gardant son anonymat, avec pour consigne de ne pas prendre en note toute l’interview mais de ne retenir que les phrases ou les expressions qui faisaient écho en eux, qui résonnaient.
  • L’atelier d’écriture : A l’intérieur des témoignages ainsi collectés, les élèves ont été incités à faire intervenir leurs propres réflexions, pensées ou évocations – en italiques donc, pour reproduire le système d’énonciation de Juliette Mézenc.
  • La finalisation numérique : Dans un dernier temps, les élèves ont complété leurs textes avec des images, des hyperliens, des insertions audio et vidéo pour ajouter une dimension véritablement numérique et multimédia aux textes. Cela a été l’occasion de s’interroger sur le statut de ces insertions : étaient-elles illustratives, informatives, complémentaires, d’une autre nature encore ?

Les productions des élèves

Livre des Secondes 4 :

Livre des Secondes 9 : Version PDF :

PDF - 9.5 Mo

Version Ebook pour tablette : https://www.dropbox.com/s/eokbj2iyvi995g2/SujetsSensibles2nde9.ibooks

Bilan et perspectives

  • De la tablette d’argile à la tablette numérique : Les élèves ont pu découvrir l’histoire du livre : grâce à l’exposition numérique de la BNF, les élèves ont pu prendre conscience de l’évolution des supports du livre (Tablettes d’argile, papyrus, parchemin, papier, imprimerie…) jusqu’à la tablette numérique.
  • Séduction de l’outil : ruptures et continuité   Ils ont également découvert la littérature numérique. Les élèves ont été tout d’abord séduits par le support de lecture et l’aspect multimédia du texte. L’activité numérique leur a paru en opposition avec les lectures scolaires traditionnelles sur papier. Malgré l’apparente rupture provoquée par le support, les enseignantes ont eut à cœur de montrer aux élèves que le fond du propos de Juliette Mézenc s’inscrivait dans un héritage littéraire, tout en utilisant les potentialités numériques pour enrichir le texte de nouvelles dimensions. Ce projet leur a en outre permis de comprendre une situation d’énonciation complexe par la pratique : en se confrontant eux-mêmes à la co-présence de deux énonciateurs distincts dans le texte, ils ont acquis une plus grande acuité en tant que lecteurs.
  • Nouveaux supports, nouveaux lecteurs ? Les élèves ont adhéré à la lecture sur tablettes immédiatement. Après les avoir interrogés sur les raisons de cet engouement, ils ont déclaré que le geste de lecture leur paraissait pus proche de leurs usages quotidiens (smartphone, tablette, ordinateur…)
  • « Ces jeunes gens qui attendent toujours de l’écrivain qu’il dise enfin ce qu’il dérobe » (Lettre à Antonio Lobo Antunes, de J.C Pirotte) La rencontre avec l’auteur a été particulièrement motivante pour des élèves peu enclins à la lecture habituellement. Ils ont été très désireux de tirer le meilleur parti possible de cette rencontre et de se montrer à la hauteur des attentes de Juliette Mézenc.
  • Technologie et liberté : La tablette s’est avérée être un outil très complet, permettant à la fois la lecture, l’écriture et le stockage des données via un cloud, de sorte que l’on peut les retrouver ultérieurement depuis n’importe quelle interface. Les enseignantes souhaitent donner suite à cette expérience dans le cadre de leur enseignement en classe.

Outils numériques utilisés

  • iPads, tablettes numériques
  • Logiciels de traitement de texte pour tablettes
  • Utilisation de l’espace de stockage OwnCloud de l’Académie de Versailles
  • Fonction dictaphone/ appareil photo de smartphones
  • Ibooks Author et Calameopour réaliser l’ebook.
  • Etherpad (Académie de Versailles) pour l’écriture collaborative.

Feuille de route

  • Avril 2013 : déclaration de participation à l’opération #100bibs50epubs initiée par François Bon, avec sa maison d’édition Publie.netet le CNL, qui met à disposition un certain nombre d’ouvrages de sa maison d’édition.
  • Juin 2013 : demande d’un prêt de tablettes auprès de CREATICE pour le printemps 2014
  • Juin 2013 : demande d’une classe PEAC auprès de la DAAC Versailles, afin de financer la venue de l’écrivain
  • Décembre : achat d’autres tablettes par le lycée Jean-Jacques Rousseau
  • Janvier-février 2014 : mise en place de la collaboration avec Juliette Mézenc, grâce à la Maison des Écrivains.
  • Mars 2014 : interventions de l’auteur en classe.
  • Avril-juin 2014 : finalisation des livres numériques et mise en ligne sur le site du lycée Jean-Jacques ROUSSEAU (Sarcelles).

Projet littérature numérique, acte I

Première journée du projet…

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Les élèves découvrent le texte de Juliette Mézenc, Sujets sensibles, aujourd’hui en classe. Ils ont des tablettes (obtenues de haute lutte…) et je projette en même temps le texte au TNI. Certains préfèrent lire sur leur téléphone… Je les laisse faire à leur gré.

Nous intitulons la séquence “Permanence et mutations de la lecture à l’heure du numérique”. On commence par découvrir l’utilisation technique de la tablette, la bibliothèque, l’accès à la table des matières, la possibilité de prendre des notes sur le texte. On découvre également les hyperliens qui émaillent le texte, on s’interroge sur l’énonciateur, qui ne se distingue du personnage que par le passage des caractères droits aux italiques.

Je ne boude pas mon plaisir en les regardant lire vraiment sur les tablettes, alors même que mes traditionnelles photocopies ont souvent un succès plus que modéré, même chez les meilleurs élèves….

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Et puis on s’attarde sur la présentation de Juliette, dans laquelle elle mentionne son site Motmaquis, ainsi que son adresse twitter @juliettemezenc. On discute avec les élèves sur le nouvel environnement dans lequel les auteurs évoluent désormais, entre blog et réseaux sociaux.

Et puis hop. Et si on lui envoyait un tweet? Une élève s’en charge.

Et Juliette répond dans la soirée… La glace est rompue, voilà que des élèves engagent une conversation avec un auteur en temps réel. Je leur demanderai demain ce qu’ils en pensent, mais la situation est quand même assez inédite, et totalement enthousiasmante!

On lit le premier chapitre de Sujets sensibles en classe. Ils trouvent ça “mieux que Candide“, précédente tentative plus ou moins ratée (enfin plutôt plus que moins…) de les faire lire sur tablette. La tentative n°2 sera-t-elle plus fructueuse? Je croise les doigts….

Comment on monte un projet

Je suis une fervente partisane de la pédagogie de projet, j’aime l’idée que les élèves n’apprennent pas seulement à faire un commentaire littéraire ou une dissertation en cours de français, mais qu’ils aient l’impression d’avoir vécu une expérience forte avec un texte, une véritable rencontre avec un auteur, avec une pièce de théâtre. Quelque chose qui les marque, qui leur montre que la culture n’est pas un monde élitiste réservé à une aristocratie intellectuelle à laquelle ils ne se sentent pas appartenir (“Ça c’est pour les bourges”, fréquemment…). Pour ça il faut donner corps, rendre vie à ce qui sinon ne demeure que de l’autopsie littéraire: on désosse, on identifie, on pèse, on classe. Et on laisse à d’autres le soin de comprendre quelles passions ont conduit à l’acte d’écrire.

Miracle?

Bref, monter des projets. Faire venir des artistes au lycée, provoquer un échange. Tout ça ne se fait pas par miracle… Aujourd’hui, je suis partie dans la littérature numérique, avec mes élèves de Seconde. L’idée de départ vient de François Bon, qui a ouvert une partie du fonds de sa maison d’édition publie.net aux établissements publics (notamment les bibliothèques, mais aussi quelques établissements scolaires). Son opération #100bibs50epubs vise à promouvoir la lecture d’oeuvres spécifiquement numériques. Super! On va faire lire les élèves sur tablettes, et les conduire à s’interroger sur les évolutions de la lecture…

Oui mais. Il faut des tablettes.

Au moment où l’idée germe, on est en mai 2013. Je ne sais pas si les élèves qui entreront en Seconde à la rentrée seront équipés. Alors je pars en quête d’un mécène qui me doterait gracieusement d’Ipads (tant qu’à faire…) Je veux juste 60 Ipads, vu que je vais me lancer dans l’aventure avec ma collègue Aurélie G., et qu’on va faire ça avec deux classes. Après avoir agité tout mon carnet d’adresse, été envoyée d’interlocuteur en interlocuteur, en avoir profité pour renouer avec de vieilles connaissances négligées, découvert des bureaux méconnus et des services confidentiels, je finis par être aiguillée sur Creatice, une émanation du CRDP (si j’ai bien compris) qui a le mérite de prêter gracieusement des tablettes et autres matériels TICE aux enseignants. Le Graal quoi…

Oui mais. 60 tablettes, ça ne va pas être possible.

“On n’en a pas assez.” Qu’à cela ne tienne. Avec Aurélie nous nous ravisons, et nous décidons de faire le projet en différé: je prendrai 15 tablettes en janvier, elle les prendra en mars (rien n’est disponible avant, tous les Ipads sont déjà en prêt tellement y en a pas beaucoup…). On présume que certains élèves seront équipés à titre personnel, et on se dit qu’après tout, le BYOD est à la mode. Alors commence le ballet des échanges de formulaires, courriers, autorisations par voie hiérarchique avec copie-à-plein-de-monde. Je passe sur cet épisode follement épanouissant qui m’occasionne toujours beaucoup de stress puisque j’oscille généralement entre oublis, actes manqués et dernière minute compulsive… Bref, c’est réglé! (Crois-je, naïve que je suis… Rebondissement à suivre…)

Oui mais. Il faut un auteur.

Et numérique, si possible. Quelqu’un qui puisse parler de son travail avec chaleur et passion. Pour ma collègue et moi, la lecture numérique (et a fortiori l’écriture) est encore une pratique trop ponctuelle pour que nous nous lancions comme ça à l’aveuglette. Et avant même de penser à un auteur particulier, il va falloir envisager comment nous allons le payer. (Car ces gens-là ne vivent pas uniquement de littérature et d’eau fraiche, c’est fou.) Alors ouverture d’un dossier pour financer les interventions. Ça c’est bon, je sais faire. On n’aura la réponse qu’en novembre. Si on n’a pas d’auteur, et bien on s’en passera, mais bon, ça serait quand même mieux avec…

Rentrée 2014. Rebondissements.

Une des deux demandes de tablettes est passée aux oubliettes pour des raisons mystérieuses et inexpliquées encore à ce jour, nous ne pouvons donc plus compter que sur 15 tablettes pour plus de 60 élèves. Dieu merci nous avons rencontré nos élèves, et il semblerait qu’un grand nombre soit équipé à la maison. On fera avec… Quant à la demande de financement pour la venue de l’auteur, la réponse m’est donnée officieusement dans un premier temps: c’est non. Ah… 3 semaines plus tard, réponse officielle, en fait c’est oui. Aaaaaaaah!!!

Je croise les 50 ouvrages proposés par François Bon avec la liste des auteurs de la Maison des écrivains et de la Littérature, susceptibles d’intervenir. Rien ne me convient, rien ne semble fonctionner. Je jette donc l’éponge pendant 2 mois, on verra bien le moment venu…

Janvier 2014. Je rencontre Juliette Mézenc.

Par hasard lors d’une formation. J’aime la façon dont elle parle de son travail, mais aussi sa douceur et sa bienveillance, je pense qu’elle passera bien avec les élèves, c’est important. Je lui parle de mon projet, elle est partante! Mais les délais sont désormais extrêmement courts, et nos contraintes d’emploi du temps avec les élèves, inflexibles. Je croise les doigts pour qu’elle soit disponible aux dates que je lui propose, parce qu’elle a certainement d’autres projets sur le feu. Sans compter qu’elle habite Sète, et que Sète-Sarcelles, voilà… Mais Juliette est vraiment motivée et parvient à se libérer, on va pouvoir travailler avec elle, et sur SON texte en plus. Je jubile…

Alors c’est bon maintenant?

Voilà un résumé de plusieurs mois de travail pour mettre en place les conditions matérielles et concrètes du projet. Juste un petit détail. On n’a pas encore commencé à réfléchir au contenu. Ben non. Pas eu le temps… Alors qu’en fait, c’est quand même ça l’essentiel non? Que veut-on faire découvrir aux élèves? Quelle réflexion veut-on engager avec eux? Quels contenus allons-nous aborder? Quels fils allons-nous tirer et comment allons-nous faire concorder tout cela avec les Instructions Officielles?

Donc en fait, c’est maintenant que le vrai travail commence… Heureusement que toutes ces questions me passionnent AUSSI à titre personnel, parce que sinon…

Partenariat Théâtre Gérard Philipe/ France Culture: SAISON 2!

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Cette année, je reconduis mon partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et Joëlle Gayot de France Culture.

Avec mes deux collègues profs, nous nous sommes livrés à l’exercice tellement amusant du “casting” . Oui, nous avons une fois de plus cédé au lexique télévisuel pour donner un peu plus de glamour à l’opération… Mais ça n’était pas utile, tant les élèves se sont massés devant notre porte pour se faire “auditionner”. Nous avons même dû les faire passer en groupe. Ils avaient vu la vidéo réalisée par les documentaristes l’an passé, et avaient eu des échos enthousiastes de leurs prédécesseurs: ils savaient qu’ils venaient pour découvrir le théâtre, assister à beaucoup de représentations, travailler avec une journaliste très reconnue, rencontrer des professionnels de la culture, et manifestement, ça les a enthousiasmés…

Nous avons dû retenir les 15 élus, issus de trois classes de Premières ES. Deux facteurs sont notables: premièrement, la maturation du projet en lui-même (puisque c’est la deuxième année consécutive qu’il existe) a fait que nous avons entendu des élèves déjà plus mûrs. Ils savaient pourquoi ils étaient là, ils avaient envie de culture, envie de se faire bousculer dans leurs idées reçues, bref, ils étaient préparés. Pression pour nous les profs: ce sont des élèves qui ont faim et qu’il va falloir nourrir… Pas le droit aux hésitations et aux tâtonnements de l’an passé! Cette année ils sont là pour prendre tout ce qu’ils peuvent prendre. Ils ne viennent pas au hasard, par simple curiosité, on n’aura pas à vaincre des résistances quelconques. Deuxièmement, l’expérience nous a conduits, nous, les enseignants, à affiner nos critères de sélection: il nous a été très difficile de refuser d’excellents élèves, au parcours remarquable. Mais ce n’est pas le profil que nous recherchions… On a aussi refusé des élèves qui venaient essentiellement “pour s’amuser”. On s’amuse, dans cet atelier hebdomadaire, bien sûr… et ces élèves-là avaient de très belles personnalités. Non, nous ne voulions ni de bons élèves, ni de joyeux drilles. Nous voulions des élèves dont nous sentions qu’ils étaient aptes à construire quelque chose sur une période longue. Ça veut dire des élèves créatifs, persévérants, pas forcément “bons” en termes de résultats scolaires, mais disposés à bouger leurs idées reçues tout en étant force de proposition sur le fond. N’oublions pas qu’ils se produiront deux fois sur scène, dans un spectacle qu’ils construiront et écriront entièrement… Comment évaluer cela en quelques minutes?  Impossible… Il faut se fier à l’intuition. Et à l’aide des élèves de l’ancien atelier, qui connaissent leurs camarades. Ces derniers ont vraiment joué le jeu, ils n’ont pas favorisé leurs copains, ils ont vraiment fourni des arguments pertinents pour soutenir tel ou tel candidat, émis des doutes légitimes sur d’autres discours tenus par leurs camarades plus jeunes d’un an seulement. Nous avons pleinement pris en considération leurs remarques, et leur avons été reconnaissantes de leur investissement (il sont venus sur leurs heures de permanence, par souci de voir la qualité de l’atelier précédent reconduite…)

Autre fait notable: le fonctionnement original de cet atelier attise des curiosités. Deux documentaristes suivent les élèves toutes les semaines, lors de l’atelier, de leurs sorties au théâtre, ils témoignent de l’évolution de leurs représentations au fi de l’année. et une étudiante en Arts du spectacle s’est aussi manifestée pour faire son mémoire sur ce projet…

L’atelier suit maintenant son cours depuis 2 mois, et la découverte progressive de l’univers théâtral est à découvrir sur la page Facebook de l’atelier. Avec des naïvetés touchantes, mais aussi des fulgurances imprévisibles!

Réécritures de Salomé

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Deux aspects du travail conduit en Première L, au cours de la séquence sur les réécritures.

Un projet d’écriture créative à partir d’À Rebours, d’Huysmans: les élèves écrivent dans le musée Gustave Moreau, à partir d’un tableau de leur choix.

Calaméo: http://www.calameo.com/read/00152301506ff61a91fe2

Recherche iconographique sur le mythe de Salomé en peinture:

Pinterest: http://pinterest.com/arianebach/salome-en-peinture/

Des vertus de l’écriture collaborative

ETHERPAD a bien des vertus, ne serait-ce pour le prof que la possibilité de jubiler le soir en constatant en temps réel que ses élèves travaillent à des choses intelligentes et stimulantes (oui, le prof a généralement cette vanité de croire qu’il fait faire des choses intelligentes et stimulantes à ses élèves, c’est un doux idéaliste…)

Il s’agit d’une page de traitement de texte en ligne, sur laquelle on invite un certain nombre de collaborateurs. Chacun se voit attribuer une couleur, et sa participation au document écrit revêtira donc sa signature, automatiquement… Voilà déjà le cancre près du radiateur qui ne peut plus se dissimuler derrière l’anonymat d’un travail de groupe auquel il n’a fait qu’amener sa somnolente présence… Il est démasqué, c’est toujours ça!
Capture d’écran 2013-02-06 à 21.07.16     (Ici une capture d’écran montrant le descriptif de bac que les élèves réalisent eux-mêmes en cours d’année, sur Etherpad.)

 

A droite, on trouve une partie chat qui permet aux élèves de discuter, se répartir les tâches, commenter le travail des uns et des autres. , un travail de synthèse sur Germinal, qui ma foi, n’a pas été un franc succès. Petit dérapage à noter, je le confesse, la partie chat a surtout servi à s’échanger des liens Youtube vers des vidéos de zouk. Ce fut en effet très instructif, ma culture musicale s’est largement étendue, une furieuse envie de rhum et de boudin m’a prise, mais le but pédagogique a été un peu loupé….

J’en ai un autre qui a mieux fonctionné! J’ai proposer aux élèves d’utiliser Etherpad pour reproduire le descriptif des textes et activités menées dans la perspective de l’oral du bac de français. A partir de ce descriptif, on a récapitulé un certain nombre de questions possibles pour la phase de l’entretien, et les élèves ont construit des réponses collectives. , un peu mieux je dirais…

Autre cas, j’ai voulu l’an dernier faire étudier La Dame aux Camélias aux Premières L, et je dois avouer que l’idée de tout relire m’a quelque peu fatiguée d’avance… Toutes ces larmes, toute cette souffrance exacerbée… Voilà…. Ou alors on peut dire que par paresse totale, j’ai voulu me contenter de lire un résumé exhumé du net. (Si, la paresse est parfois une vertu, et je m’en vais le prouver de ce pas.) Résumé que je n’ai pas trouvé. Et oui, tout n’a pas encore été fait, il reste des territoires littéraires vierges de tout passage, non foulés par des hordes de commentateurs de tout poil. J’ai donc proposé à mes élèves de combler cette lacune insupportable, et ils ont essayé ici.  J’aime bien leurs commentaires, où ils se posent ce genre de question par exemple:

Capture d’écran 2013-02-06 à 19.00.10des invitations à la relecture mutuelle

Capture d’écran 2013-02-06 à 18.58.46des interrogations sur la nature du texte qu’ils traitent

Capture d’écran 2013-02-06 à 19.02.41une belle distinction entre l’interprétation et le résumé, ainsi qu’une préoccupation esthétique légitime

 

Bref. Un outil utile. Mentionnons cependant pour conclure les deux écoles qui s’affrontent quand à l’interface à utiliser. Les réguliers se tournent vers l‘IEtherpad de l’Académie de Versailles, tandis que les francs-tireurs se revendiquent de PiratePad. Etant d’une nature conciliante et peu contrariante, j’ai essayé les deux, et je n’ai pas d’opinion, Voilà… Have fun!

Candide en tablette, de l’or en barre

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Un bain de sang au Mali, un cycliste qui se drogue, la neige qui fait glisser tout le monde…. On se dit qu’on est mieux chez soi, on se dit qu’on va plutôt aller cultiver son jardin…

Ou mieux qui ça! On peut lire la version augmentée de Candide, éditée par la BNF et Orange, sous forme d’application pour IPAD. C’est gratuit, c’est beau, c’est sérieux dans le contenu et fun d’utilisation, interactif et convivial. Bref, on peut vraiment lire avec les doigts…

J’ai eu l’occasion de feuilleter la chose, et c’est vraiment convaincant! La première partie, c’est le texte, sans tout cet appareillage parascolaire pénible qui entrave la lecture tous les deux mots. Le texte, tout pur. A la limite, on peut faire apparaître la version manuscrite, en regard du texte, c’est émouvant comme tout de voir l’écriture de Voltaire… Et si on a envie d’éclairer une allusion obscure, on tapote l’écran, et certains mots apparaissent en surbrillance, révélant des hyperliens qui élucident les difficultés lexicales. Mais c’est au lecteur de faire le geste, d’aller chercher les explications. Il n’est pas parasité apriori.  On peut aussi choisir de se laisser porter par la voix de Denis Podalydès, puisque l’application contient une version audio.

La deuxième partie s’appelle “Le Monde”, montre une carte qui permet de suivre le voyage de Candide et contient des enrichissements documentaires. La troisième partie, “Le Jardin”, est un espace collaboratif, où les lecteurs peuvent créer leur parcours de lecture, insérer leurs annotations, et même pourquoi pas enrichir à leur tour le texte de documents qu’ils adjoignent eux-mêmes. Ces bilans personnels prennent la forme d’arbres de connaissance qui se succèdent dans un jardin.

Enfin, voilà une très bonne raison de m’acheter un IPAD. Ou alors demander qu’on pourvoie ma classe pour qu’on s’amuse un peu avec les élèves…

https://itunes.apple.com/fr/app/candide-ledition-enrichie/id581935562?mt=8

D’autres titres devraient suivre…