Atelier d’écriture – Boscoréale et Braque

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Extraction du métal souterrain, gisement convoité que l’on a mis au jour à grand peine, que l’on a fondu, transformé en vaisselle ouvragée ;

L’argenterie retourne sous terre, ensevelie à nouveau sous les cendres du Vésuve après la catastrophe ;

Trésor du patricien, qui ne lui acheta pas la survie, qu’il aurait fondu en cas de besoin ;

C’est lui dont la chair s’est décomposée ; les coupes et les cuillères ont demeuré ;

Noire destinée des objets, qu’une noire colombe salue avec ironie ;

Petits squelettes dansants au bord des coupes, pleins de rien sous le volume évidé de leurs os ;

Vide des objets devenus inutiles qu’emporte le bleu sous-marin du ciel ;

Tandis que colliers et bracelets n’ornent nul bras, nul buste ;

Vitrine sans vie ;

Danse macabre des petits squelettes espiègles évidés du volume de leur chair ;

Petits memento mori qui disent « bois ! », qui disent « vis encore ! » ;

Squelettes en excroissance, mignonnement monstrueux, qui narguent là-haut des angelots sacrifiés, cupidons fessus ensevelis sous du noir matiéré ;

Et les visiteurs qui passent rapidement, aimantés par une Joconde qu’ils photographieront sans tenter de converser avec elle.

Atelier d’écriture – Quelque chose à ne pas oublier de moi

ImageQuelque chose à ne pas oublier de moi, c’est le grand moment du départ. C’est le départ et la main dans la main, le lendemain qu’on ne peut croire qu’enchanteur. C’est l’union de deux volontés dans une seule certitude.

Quelque chose à ne pas oublier de moi, c’est l’euphorie d’une vie ne marche, un sourire non sourire mais détermination, et le bras balançant, métronome serein qui rythmera les conquêtes à venir.

Quelque chose à ne pas oublier de moi, c’est l’éternité de ma percée, sillage refermé depuis longtemps, mais dont on perçoit encore l’écho quand on tend l’oreille, en vaguelettes ténues.

Quelque chose à ne pas oublier de moi. Route qui s’ouvre, pas martial, marital, regard fixe embrassant l’avenir éphémère, sourire non sourire mais confiance inaltérable.

Quelque chose à ne pas oublier de moi, c’est l’absolu de mon espérance malgré l’impuissance de la matière, triviale, qui s’exténue sous le vent des siècles, écharde par écharde…

Atelier conduit par Anne Savelli

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