Atelier d’écriture – Fond bleu piscine

Jeune Orpheline au Cimetière, Delacroix, 1824. Musée du Louvre.


Fond bleu piscine, carré blanc en écho au cadre doré

Identité limite : c’est une simple orpheline.
Suspendue à ses cimaises, surcadrée par la barrière,
Mal entourée de souffrants, naufragés, mourants.

Mais son regard de fugitive, même pas détourné.
C’est autre chose. Elle est plus que là. Elle voudrait être ailleurs.
Des croix dans le sol, mal faites, mal peintes,
Cyprès floutés à l’eau qui se diluent dans le ciel.
Un paysage qui se décompose à grands traits mous
Dans un blanc sale, désespérant.

Les yeux sans pupille, presque vers l’intérieur
Et la sclérotique immaculée ; exorbités de maladie, car de larmes on ne voit pas,
Et pourtant tournés vers le haut. Elle veut s’arracher au décor.
Elle a couru. Vêtement démis, pommettes rougies, bouche entrouverte.
C’est un regard de révolte, de défi, de colère et de vie,
Et ensemble de déréliction.

Les craquelures de la toile dessinent des marbrures prématurées sur ses tempes,
Coïncident bizarrement avec les veines bleutées que l’on voit parfois affleurer à la peau des blondes.
Petite paysanne aux tendons saillants dans le halètement de sa course. Petite piéta anonyme.

Atelier conduit par Pierre Ménard

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